Le jeudi 9 Avril 2009 à 10h34, le javelot fermait ses portes devant moi. Suite à une énorme chute au ski, entraînant une triple fracture du coude, je dois cesser toute pratique du javelot à vie. Alors que la saison s'annonçait plus que prometteuse avec des championnats de France hivernaux, un classement dans les 10 meilleures français, un jet à 52 mètres en hiver, un autre à 57 mètres à l'entrainement ... Et bien non, c'est malheureusement fini, à jamais. Impossible à accepter, après tous ces entrainements, cette motivation, ces compétitions, ces stages, ces blessures, ces rétablissements, cette hargne, cette envie d'aller toujours plus haut, toujours plus loin ; En vain, il fallait arrêter. Peut-être me consolerai-je avec cette phrase que mon chirurgien m'a laissé entendre : " Un jour ou l'autre ton coude aurait lâché, peut-être même simplement en le pliant ; Ton coude était vraiment trop fragile pour ce genre de pratique trop brutale. Le javelot est à banîr ! " Suite à une opération en urgence, deux broches et un cerclage en acier faisaient maintenant parti de ma personne. C'est maintenant l'histoire de 6 mois avant de retirer ce matériel et certainement plus d'un an avant de me remettre totalement de cet accident. A ce jour, il me semble impossible d'accepter que je ne relancerai jamais ce merveilleux engin qu'est le javelot. Une discipline tellement brutale et technique à la fois, qui m'a procuré tant d'émotions, de joie, de peur, de rire, de pleurs, d'explosions, de pressions, de bonheur, de concentration, de combativité,de rage, de cris... J'aime ce sport et je ne l'oublierai jamais. Pitié, aidez moi, je veux relancer un jour, afin de retrouver ces sensations qui m'apportaient tout ce que je recherchais dans un sport : la motivation, la technique, la brutalité, le relâchement ; Cette engin métallique élancé de 800 grammes qui planait dans les airs me vidait totalement l'esprit et me faisait un tel bien. Actuellement, il me paraît inconcevable de retrouver un sport qui me redonnerait tout ce dont j'ai besoin et tout ce que j'ai pu connaître, apprendre, rencontrer, ressentir grâce à cette discipline. Seuls mes plus beaux rêves me permettent encore de lancer. Ils me semblent tellement rares que l'éternité ne suffira certainement pas à atténuer mon envie de lancer.
Le premier lanceur de la vidéo est Andreas THORKILDSEN, un des meilleurs mondiaux.
Je souhaite simplement qu'il continue à me faire rêver.
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